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Feu vert à la 2e phase du système Syracuse IV de communication par satellite des armées françaises

Publié le 22 février 2021 à 12:38 par Pierrick Arlot        Connectivité

Syracuse

La Direction générale de l’armement (DGA) a notifié fin 2020 un accord-cadre à Thales pour la livraison d’une deuxième partie du segment sol du système Syracuse IV de communication par satellite des armées françaises. Le groupe Thales avait été sélectionné en 2015 pour les satellites Syracuse 4A et 4B, qui seront mis en service en 2022 et 2023 pour prendre la relève des satellites Syracuse 3A et 3B, et retenu en 2019 pour la première partie du segment sol (lire notre article ici).

On rappellera que Syracuse IV vise à mettre à disposition des forces à l’horizon 2023 des capacités de communication améliorées en matière de débit, de disponibilité et de résistance aux menaces, en particulier pour les équipements qui seront livrés pendant la Loi de programmation militaire 2019-2025 dans le cadre des programmes Scorpion, Rafale F4, Frégate de défense et d’intervention (FDI) et Bâtiment ravitailleur de forces (BRF). Une loi qui a été renforcée en 2019 à l’occasion de la nouvelle stratégie spatiale de Défense qui a porté le budget à 5,3 milliards d’euros pour le domaine spatial sur la période.

Avec le nouveau contrat-cadre notifié à Thales, c’est désormais le remplacement complet de la génération actuelle de stations Syracuse III qui est lancé, avec des déploiements massifs de stations terrestres, la mise à hauteur des stations équipant les principaux bâtiments de surface, dont le porte-avions Charles-de-Gaulle, la production de stations pour les futurs sous-marins nucléaires d’attaque Barracuda, et le développement de stations destinées au standard 2 des MRTT (avion ravitailleur multi-rôles). L’accord-cadre notifié à Thales pour un montant de 354 millions d’euros inclut en pratique près de 200 stations modernisées livrables à partir de la fin 2022 (hubs de théâtre, stations tactiques déployables, stations individuelles, stations outre-mer, stations navales embarquées) et un système de gestion sécurisé décliné dans une nouvelle version à haut débit.

Grâce à cette commande, les capacités de communication sécurisées des véhicules de combat terrestre, des bâtiments de surface, des sous-marins et des aéronefs pourront, selon la DGA, bénéficier pleinement des améliorations apportées par Syracuse IV. Toutes les stations du système seront totalement interconnectées, assurant une coopération interarmées sur les théâtres d’opérations et avec les centres de commandement. La technologie déployée par Thales sera en mesure d’assurer l’itinérance des communications dans les deux bandes de fréquence X et Ka en exploitant pleinement le potentiel « multi-spots » de la technologie HTS (High Throughput Satellite).

A noter que, parallèlement, la DGA a notifié un accord-cadre à Airbus pour un montant de 117 millions d’euros, qui vise quant à lui à développer un nouveau portail de gestion centrale des différents systèmes de communication par satellite utilisés par les armées françaises. Ce portail, en orchestrant les demandes saisies par un état-major ou toute unité déployée au sol, en mer ou dans les airs, permettra d’allouer de manière optimisée les ressources disponibles sur les satellites militaires et commerciaux exploités par les armées, en prenant en compte les critères opérationnels renseignés par les unités, comme le type de terminaux utilisés, la couverture au sol, le niveau de cybersécurité, de résistance au brouillage… Ce contrat comprend aussi l’accroissement de l’opérabilité et de la sécurité du système Comcept, le réseau de communication multisatellites mis en service dans les armées françaises en 2017, et la poursuite de son déploiement en particulier sur les navires militaires.

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