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Constellation de satellites : OneWeb se place sous la protection de la loi américaine sur les faillites

Publié le 30 mars 2020 à 09:29 par Pierrick Arlot        Conjoncture

OneWeb

La société OneWeb, dont l’ambition est de lancer dans l’espace une constellation de 650 microsatellites afin d’assurer un accès Internet large bande bas coût aux zones rurales ainsi qu’aux industries ayant besoin d’une connectivité mondiale (compagnies aériennes, opérateurs de navires, etc.), s’est placée vendredi 27 mars 2020 sous la protection du Chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites. Une procédure qui permet aux entreprises de se réorganiser en cas de difficultés pour poursuivre leurs activités.

Dans ce cadre, OneWeb, qui a réussi à ce jour à placer sur orbite basse 74 satellites (dont 34 le 21 mars dernier), entend utiliser les procédures du Chapitre 11 pour assurer la vente de l’entreprise et maximiser sa valeur.

L’entreprise a réussi à lever 3,4 milliards de dollars depuis sa création en 2012 et a créé une filiale codétenue par Airbus Defence & Space (OneWeb Satellites) qui avait la mission de concevoir puis de fabriquer les satellites.

Depuis le début de l'année, OneWeb avait engagé des négociations avancées afin de réunir les investissements qui auraient permis de financer la suite du déploiement de sa constellation et le lancement commercial de ses services. Mais la crise financière et les turbulences du marché liées à la pandémie de Covid-19 sont passées par là et le processus n’a pas pu arriver à son terme, précise OneWeb.

Au-delà des 74 satellites déjà en orbite, OneWeb met en avant le spectre de fréquence que la société a pu obtenir au niveau mondial, la vingtaine de stations au sol terminées ou en cours d’installation et le lancement de la phase de développement de terminaux utilisateur pour divers marchés. L’entreprise a pu aussi effectuer des démonstrations réussies de son système avec des débits large bande supérieurs à 400 Mbit/s et une latence de l’ordre de 32 millisecondes. De plus, affirme OneWeb, il existe aujourd’hui une demande pour des services de connectivité à haut débit et à faible latence tant de la part des gouvernements que de leaders des secteurs automobile, maritime, professionnel et aéronautique.

« Notre situation actuelle est la conséquence de l'impact économique de la crise de la Covid-19, a précisé Adrian Steckel, le CEO de OneWeb. Nous restons convaincus de la valeur sociale et économique de notre mission de connecter n’importe qui où qu’il soit dans le monde. Nous espérons que le processus engagé nous permettra de trouver une voie qui conduira à la réalisation de notre mission après les années d'efforts et les milliards de capitaux investis. » La société aurait d’ores et déjà réduit drastiquement le nombre de ses employés avec le licenciement de plus de 450 personnes sur un effectif de quelque 530 collaborateurs.  

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