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Avec son processeur IoT ultrasobre dopé à l’intelligence artificielle, le français GreenWaves lève 7 M€

Publié le 20 février 2019 à 09:35 par Pierrick Arlot        Conjoncture

GAP8 GreenWaves

La jeune société grenobloise GreenWaves, qui a lancé en 2018 un processeur d’application IoT de classe microcontrôleur renforcé par l’intelligence artificielle, vient de boucler une levée de fonds de 7 millions d’euros. C’est la firme chinoise Huami, spécialisée dans les dispositifs électroniques portés sur soi haut de gamme, qui a mené ce tour de table avec la participation de Soitec, fournisseur majeur de plaques de silicium sur isolant FD-SOI, et d’autres investisseurs (non précisés). Soitec avait été le principal investisseur du tour d’amorçage de 2017 au terme duquel GreenWaves avait pu lever 3,1 millions d’euros.

Selon Loïc Lietar, président et cofondateur de la start-up créée en 2014, la manne financière de 7 millions d’euros va permettre le lancement en production de volume du GAP8, sa première puce-système SoC à architecture RISC-V gravée en technologie 55 nm basse consommation par TSMC, et de finaliser le développement d’un deuxième produit. « Le GAP8 s’appuie sur un procédé de gravure mûr où les risques sont quasi nuls, nous a précisé le dirigeant de GreenWaves. Notre deuxième produit sera bâti sur la même architecture mais sera fabriqué avec un procédé plus avancé qui, associé à quelques innovations, nous permettra de gagner en performances. »

Rappelons que le processeur GAP8 vise à permettre un fonctionnement autonome de produits IoT qui détectent, analysent, classifient et fusionnent des données issues de capteurs « riches » comme les caméras, les capteurs de vibrations, les microphones ou les compteurs de personnes. Pour des applications qui vont de l’analyse d’activités dans un bâtiment à la détection de mots-clés avec vocabulaire riche, en passant par l’analyse de sons dans les espaces publics (cris, coups de feu, bris de vitres…) ou l’activation « hiérarchique » (qui consiste par exemple à passer d’une résolution d’image faible avec un système toujours actif de détection de visage à une résolution élevée avec un système capable de reconnaissance faciale).

Dans le détail, le SoC GAP8 est architecturé autour d’une grappe de huit cœurs RISC-V de calcul, associée à un bloc matériel d’accélération des convolutions. Un neuvième cœur, distinct et indépendant des huit précédents, se charge de la communication, du contrôle système et de la pré-analyse des informations. Selon GreenWaves, cette architecture programmable et hiérarchisée assure une éco-efficacité sans précédent dans le traitement des inférences pour l’apprentissage automatique avec une autonomie envisageable de plusieurs années. Le SoC se distingue aussi par une faible consommation en mode veille (de l’ordre de 70 nA en sommeil profond), un passage ultrarapide en mode actif ainsi qu’une fréquence et une tension ajustables dynamiquement.

Alors que le GAP8 est échantillonné depuis février 2018, GreenWaves affirme avoir commercialisé plus de 300 cartes d’évaluation ad hoc (du nom de Gapuino) depuis mai 2018, dont 200 auprès de clients potentiels et une centaine auprès d’universités, de laboratoires de recherche ou de makers. « En attente de qualification, un processus qui devrait être achevé au cours du second trimestre, le GAP8 devrait être lancé en production de volume dans la deuxième moitié de l’année », précise encore Loïc Lietar.

« Le processeur GAP8 et la feuille de route de GreenWaves mettent haut la barre en matière d’éco-efficacité pour les algorithmes de traitement du signal hautes performances et d’apprentissage automatique dans les produits IoT d’extrémité, y compris les dispositifs électroniques portés sur soi, assure de son côté Wang Huang, le CEO de Huami, qui a mené le tour de table de 7 M€. Nous anticipons de nombreux cas d’usage du processeur GAP8 qui vont transformer les traitements IoT. Notre investissement va aussi renforcer notre portefeuille au sein de l’écosystème RISC-V. » La firme chinoise Huami est en effet l’une des sociétés à avoir investi dans le capital de l’américain SiFive, fondé par les créateurs de l’architecture de processeur open source RISC-V à l’université de Californie à Berkeley et spécialiste des cœurs d’IP RISC-V (lire notre article ici).

A noter que, pour faciliter la mise au point de preuves de concept (PoC), GreenWaves a récemment lancé une offre baptisée GAPPoC et bâtie, d'une part, sur un module à souder clé en main, associant GAP8, mémoire, horloge et gestion d’alimentation, et, d'autre part, sur une carte porteuse, déclinable en fonction des applications ciblées, sur laquelle on pourra trouver un jeu de capteurs (dont une caméra), une batterie ainsi qu’un module de communication basse consommation (type Bluetooth Low Energy) (voir photo ci-contre).

Aujourd’hui essentiellement actif aux Etats-Unis, en Chine et en Europe, GreenWaves compte pour l’heure un effectif de 22 personnes qui pourrait être porté entre 25 et 30 d’ici à la fin de l’année. Le société sera présente sur le stand de la fondation RISC-V lors du salon Embedded World qui se tient à Nuremberg (Allemagne) du 26 au 28 février.

Vous pouvez aussi suivre nos actualités sur la vitrine LinkedIN de L'Embarqué consacrée à l’architecture de processeur RISC-V : Embedded-RISCV https://www.linkedin.com/showcase/embedded-riscv/

Vous pouvez aussi suivre nos actualités sur la vitrine LinkedIN de L'Embarqué consacrée à l’intelligence artificielle dans l’embarqué : Embedded-IA https://www.linkedin.com/showcase/embedded-ia/

 

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