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Angels, le premier nanosatellite français industriel, est opérationnel en orbite

Publié le 17 août 2020 à 14:30 par Pierrick Arlot        Architecture

Angels

Placé en orbite le 18 décembre 2019, le premier nanosatellite industriel français, dénommé Angels (Argos Neo on a Generic Economical and Light Satellite), assure désormais les missions pour lesquelles il a été conçu par la société Hemeria en collaboration avec le Centre national d’études spatiales (Cnes). Angels vise à compléter le service Argos qui recueille et localise les signaux et messages de faible puissance des 20 000 balises du même nom actuellement en service autour du globe. Toutefois la sensibilité du nanosatellite est telle que les balises au sol peuvent l’atteindre avec une puissance d’émission de 100 mW seulement, soit environ 5 fois moins que les balises Argos actuelles. Il donne également accès à une nouvelle bande de fréquence, démultipliant ainsi la capacité des 7 satellites du système Argos actuel.

Ces innovations vont permettre aux utilisateurs d’allonger la durée de vie des batteries de leurs balises et d’en réduire la taille et le poids. Pour les biologistes, qui utilisent le système Argos depuis plus de 40 ans, cela signifie des études plus longues et la possibilité d’étudier de nouvelles espèces avec des balises miniaturisées adaptées à leur gabarit.

Selon Hemeria, la recette en vol de la charge utile Argos-Néo, développée par Thales et Syrlinks et dix fois plus légère (2 kg) que le modèle de génération précédente (pour une consommation trois fois plus faible), se poursuit nominalement et permet de déclarer opérationnelle l’utilisation de cette nouvelle mission.

Par ailleurs, les équipes d’Hemeria, de Kinéis et du Cnes peuvent d’ores et déjà tirer parti de ce démonstrateur en orbite pour préparer le développement de la constellation IoT Kinéis. Cette constellation devrait couvrir le globe avec un réseau de 25 nanosatellites à l’horizon 2022 pour répondre aux besoins des applications de l’Internet des objets (IoT). (Kinéis a levé 100 millions d’euros en début d’année pour mener à bien la fabrication et le lancement de ses nanosatellites.)

« 2009 a marqué le début de l’aventure NanoSat pour Hemeria, avec les premières réflexions sur l’idée de faire du format CubeSat un produit industriel ne se cantonnant pas au domaine des démonstrations, rappelle Nicolas Multa, directeur général de la société française (ex-Nexeya). Dix ans plus tard nous avons pu mettre en orbite Angels, le fruit d’une collaboration avec le Cnes. Angels a maintenant 6 mois en orbite et il se porte à merveille, ce qui nous rassure sur la qualité des développements conjointement menés avec le Cnes et qui laissent maintenant place aux développements en cours de la constellation Kinéis. »

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